Année 2009 : développement du BLACK POWDER, un ski carbone révolutionnaire
AlpControl a déposé un brevet de ski carbone dit " à noyau partiel "
qui permet d'obtenir à la fois une légèreté et une solidité exceptionnelles :
le GRAAL du ski-alpinisme a enfin été trouvé !
Nous utilisons la meilleure fibre de carbone haute résistance et nous avons développé
spécialement pour le BlackPowder un tissu de carbone triaxial de 1000 g/m², qui n'est pas une superposition
de 3 couches unidirectionnelles, mais un véritable " tricot " de fibres de carbone intimement liées
sans aucun risque de délaminage entre les couches.
Mais la certitude de pouvoir faire le ski large le plus léger et le plus solide jamais produit,
ne suffit pas à donner le meilleur ski de rando du monde :
le " toucher de neige " est un art qui ne peut pas se mettre en équations.
Le BlackPowder est le fruit d'un partenariat entre AlpControl et AZ Atelier, qui apporte son expertise au plus haut
niveau de la compétition de ski alpin pour répondre aux besoins spécifiques du ski de randonnée.
Année 2008 : lancement du MOUNTAIN SPRING
L'année 2008 est une année de frustrations avec de la neige, un produit qui marche bien,
des Clients intéressés… mais une industrialisation qui prends du retard.
Une présérie permet de fournir partiellement la demande en octobre 2008,
mais l'industrialisation de notre appui tibia AlpControl,
rebaptisé depuis MOUNTAIN SPRING pour le différencier de la marque,
ne sera réellement opérationnelle qu'en avril 2009.
MOUNTAIN SPRING versions avec et sans leash sur le ski
sur chaussures ASOLO Makalu GV et ASOLO AFS Evoluzione
skis carbone BLACK POWDER 163
fixations Silvretta 500
Année 2007 : prototypes de ressort carbone et création de l'entreprise AlpControl
Sous la pression amicale des copains qui veulent que je leur fasse des protos, l'idée d'une fabrication
en série fait petit à fait son chemin et les protos suivants adoptent naturellement le principe du ressort
à lame, un design choisi pour optimiser le flex, le poids et le futur procédé de fabrication.
Prototypes n°13 et 14 full carbon sur chaussures Salomon Super Montain
Déclinaisons avec et sans leash sur le ski
Fixations Nic Impex Evolution Light - Skis de randonnée Dynastar Altitrail Plume
Le concept fait un énorme bond en avant : ça marche bien, c'est léger, solide…
mais le projet reste risqué et le timing de la création d'entreprise est loin d'être
décidé.
Car entre une fabrication artisanale et une fabrication industrielle rapide et reproductible
avec un bon niveau de qualité, il y a un monde.
Et il y a aussi le risque commercial sur un produit aussi radicalement innovant.
Car si les guides savent qu'une chaussure d'alpinisme peut être plus chaude et plus étanche
qu'une chaussure de ski, je me rends rapidement compte que les skieurs de rando qui viennent du ski de piste,
ont un a priori très négatif sur mon produit…
Heureusement ils deviennent vite enthousiastes après petit un essai :-)
Et puis Jean-Sébastien KNOERTZER est le premier grand pro à s'intéresser à mon produit,
Anselme BAUD envisage de l'utiliser au Cho-Oyu, Charles HEDRICH, qui a eu connaissance de AlpControl via l'himalayiste
Bernard MULLER, décide de l'utiliser pour sa tentative de record au pôle sud... l'aventure est trop belle
pour ne pas être tentée.
Aide ultime à la décision : mon employeur fait pression pour me faire travailler 15% en plus
pour un même salaire et se comporte comme un #@$%... finalement la décision sera plus rapide que prévu
et AlpControl est lancé !
Saison 2005 / 2006 : prototypes de languette
Pour gagner en souplesse, je décide de fabriquer deux prototypes n°5 et 6
en stratifié de fibre de verre.
Ils fonctionnent très bien vers l'avant, mais il ne retiennent pas assez en arrière.
J'ajoute un tube en fibre de carbone au proto n°6 pour arriver au prototype n°7, il retient bien en arrière,
mais cette fois il est trop rigide vers avant.
J'essaye alors de jouer sur l'orientation des fibres de Carbone (très rigides) et de Kevlar (plus souples),
sans succès. Le prototype n°8 est trop rigide vers l'avant, et le prototype n°9 se casse dans une chute
en arrière car le Kevlar travaille mal en compression.
Prototypes n°7 : Fibre de verre et tube de carbone et n°8 : Carbone/Kevlar
Après la casse du prototype n°9, je reste inactif un moment. Je n'arrive pas à trouver de solution
légère pour avoir une bonne flexibilité vers l'avant,
tout en ayant un comportement rigide vers l'arrière.
Le déclic arrive fin 2005, avec les premières neiges : je cherche à remplacer le tube de carbone
du proto n°7 par un rail qui coulisse vers l'avant et qui se bloque en arrière,
quand j'ai l'idée toute bête scier le tube et de le remplacer par une cordelette bien tendue.
Prototype n°10 précontraint par une cordelette
sur chaussures Salomon, fixations Silvretta Easy Go, skis Fisher Tour Extreme
En flexion vers l'avant, la cordelette se détend et je retrouve la souplesse du prototype n°6
sans tube de carbone.
En arrière, la cordelette se tend et je garde les qualités de rigidité du prototype n°7
avec tube de carbone.
Dès le premier essai sur neige, la sensation de contrôle des skis est parfaite. Pour la première fois
j'ai l'impression de skier avec de véritables chaussures de ski !
Il ne me reste plus qu'à avoir l'idée d'attacher la cordelette directement sur le ski,
pour aboutir au Prototype n°11
Prototype n°11 à coque Carbon/kevlar
sur chaussures Trezeta, fixations Silvretta Easy Go, skis de piste Dynamic
La cordelette sur le ski fait office de leash et apporte plus de confort pour skier en arrière
avec des chaussures souples, avec en prime un léger cambrement du ski que je n'avais pas prévu,
mais qui est très utile pour sortir les skis d'une poudreuse très profonde.
Janvier 2004 : naissance d'une idée
Nous venons de faire 250 km de voiture, il est 6 heures du matin, le temps est splendide, la neige promet d'être
bonne, nous commençons à nous équiper : ARVA, polaire, blouson, je colle chaque peau de phoque
sous les skis… et horreur !!! Au moment d'enfiler les chaussures de ski de randonnée, je me rends compte
que je les ai oubliées sur le parking.
Je me résigne à l'idée de regarder mes copains partir sans moi, quand me vient l'idée d'essayer
de bloquer mes chaussures de marche - des Trezeta cramponnables en cuir - dans une paire de fixations Diamir Fritschi.
La chaussure tient surtout par le serrage et c'est parti !
Au moment de partir, je pense seulement à sauver une sortie.
Mais très vite je découvre de nouvelles
sensations : la légèreté, et mieux encore, la souplesse des chevilles qui permet d'utiliser les muscles
des mollets. J'ai l'impression de marcher sans effort, comme on marche sur un chemin. J'ai même envie de courir,
de sauter. Je me prends pour un chamois ! Je dois m'arrêter pour attendre les copains. Mais que leur arrive-t-il ?
Par contre à la descente, c'est à mon tour d'être à la traîne : je n'arrive pas
à bien skier dans la poudreuse avec des chaussures souples, je tombe en arrière et je déchausse souvent.
Mais malgré la galère de la descente, je ne retiens de cette journée que le plaisir d'avoir pu monter à
une allure qui m'était inconnue jusqu'à ce jour, dans un confort total : le cuir et le GoreTex ont parfaitement
régulé la transpiration et je n'ai pas le moindre début d'ampoule aux pieds.
A l'arrivée, je sais que je ne ferai plus jamais de la "peau de phoque" comme avant.
Je commence par trouver un moyen d'utiliser des chaussures cramponnables sur mes fixations de ski-alpinisme.
En 2004, le modèle Silvretta Easy Go, avec sa tige d'acier à l'avant,
me semble le meilleur pour ça.
Seul problème : le talon de la Trezeta est trop haut pour entrer dans la butée
arrière. Alors je règle le problème en sciant la partie basse de la butée,
qui de toute manière ne sert que pour le chaussage automatique (le "Easy Go").
En haut : Chaussure Trezeta sur fixation Sivretta Easy Go modifiée
L'ergot de chaussage automatique a été scié
En bas : Chaussure Raichle sur fixation Sivretta Easy Go non modifiée
Il ne me reste plus qu'à trouver un moyen de rigidifier la position du skieur pour la descente.
Mais entre la naissance de l'idée, le premier brevet pour pouvoir faire des essais,
jusqu'à un brevet assez solide pour pouvoir en parler sur Internet,
il a fallu 3 ans de mise au point et 12 prototypes, pour faire évoluer
nos bonnes vieilles chaussures de ski de printemps !
J'ai construit les 4 premiers prototypes à partir de tubes en fibre de carbone / époxy.
J'ai skié toute la saison avec, et il m'arrive encore de les reprendre avec plaisir.
La rigidité était incroyable, parfaite pour une conduite coupée sur piste.
Mais c'était trop rigide pour skier en bosses et en toutes neiges.
Et surtout le pas de patineur et les virages sautés étaient problématiques.
J'ai bien eu l'idée d'ajouter des amortisseurs de VTT à chaque pied,
mais le prix et le poids auraient explosé.
A ce moment je croyais être dans une impasse.